Les savoirs

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Une compétence est composée de trois savoirs à faire apprendre à l’apprenant dans un ou des contextes.

Le savoir-être spécifie les attitudes, comportements ou qualités que l’apprenant devra manifester lors de la réalisation de ses tâches professionnelles.

Le savoir-faire spécifie les protocoles, directives, instructions, procédures, méthodes, techniques, façons de faire ou pratiques que l’apprenant devra réaliser pour réussir ses activités professionnelles selon le seuil d’entrée sur le marché du travail.

Le savoir représente les connaissances que l’apprenant devra utiliser pour comprendre et expliquer la situation de travail, les circonstances, les événements et les tâches à réaliser.

Figure 1 : Programme d’études en formation professionnelle

Ces savoirs se retrouvent dans le programme d’études (Figure. 1), les manuels, les guides techniques, les revues, les sites Internet, les normes, les ouvrages techniques et scientifiques et la documentation professionnelle.

Figure 2 : Exemple où l’on peut trouver les savoir-faire dans le programme d’études en formation professionnelle.

Il est préférable d’identifier au départ les savoir-faire qui se trouvent dans votre programme d’études (Figure. 2). En identifiant dès le départ ce que l’apprenant devra réaliser, vous serez en meilleure position pour identifier par la suite les savoirs (informations) nécessaires à faire apprendre. Ces informations devraient être directement en lien avec les savoir-faire à faire réaliser, la situation de travail, les circonstances ou les événements qui nécessitent la réalisation de ces savoir-faire.

Tous les savoirs doivent être cohérents les uns avec les autres. Il ne s’agit pas de donner de la théorie pour de la théorie. Si les savoirs à apprendre n’ont pas de sens ou de lien par rapport aux activités professionnelles du métier, il sera très difficile de les faire apprendre, car l’apprenant n’y trouvera pas de sens.

Les savoir-faire sont au cœur de la réussite de l’activité professionnelle, le savoir est au cœur de la compréhension de cette activité et le savoir-être est un cœur du développement de la compétence de l’individu.

Chacune des actions de l’apprenant est nécessairement associée à l’un ou l’autre des savoirs. Si vous faites faire une action à l’apprenant où que vous faites vous-même une action, votre but est de faire apprendre, d’où l’importance d’y associer un savoir.

Figure 3 : L’identification des savoirs à apprendre en lien avec les actions à faire réaliser.

La bête noire de l’enseignant, le temps

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Le temps est la bête noire de l’enseignant. Il n’a jamais assez de temps pour faire tout ce qu’il veut. C’est pourquoi il est primordial de ne pas le gaspiller et de le gérer avec efficacité.

Les deux éléments clés qui consomment du temps sont les actions de l’enseignant et les actions de l’apprenant. Il est important d’en estimer la durée pour pouvoir gérer de manière efficace les interventions durant les séances. Même si nous savons que le temps planifié est rarement respecté à la minute près, cette planification de la durée selon le temps dont vous disposez vous permet de vous ajuster le cas échéant. Il ne faut pas être esclave de son horaire, mais il faut le considérer et l’adapter constamment.

Plusieurs éléments peuvent consommer du temps dans une formation. En plus des actions de l’enseignant et de l’apprenant, il y a les routines, les annonces, l’évaluation et les transitions. Chacun de ces éléments grignote petit à petit votre précieux temps.

Les routines sont des activités que l’on retrouve toujours d’une formation à l’autre. Il est important de limiter le temps des routines à environ 4 % du temps total de la séance de formation :

  • l’accueil des apprenants;
  • la prise de présences;
  • la présentation de la séance;
  • le retour sur la séance antérieure;
  • l’introduction d’un sujet;
  • la présentation d’un sujet;
  • l’explication du déroulement d’une activité d’apprentissage;
  • l’explication du déroulement d’une tâche;
  • la clôture d’une séance;
  • la clôture d’une activité;
  • les interactions en salle ou en atelier;
  • l’explication du fonctionnement en atelier;
  • l’utilisation des ressources;
  • l’évaluation;
  • la remise de travaux;
  • la présentation de la séance suivante;
  • la distribution des documents;
  • le rangement et le nettoyage;
  • la présentation de l’horaire de la rencontre (pauses et repas);
  • les périodes de questions.

Les annonces sont des informations présentées pour faire connaître un événement, une activité extérieure, un produit, un règlement, etc. Nous ne retrouvons pas nécessairement des annonces dans tous les cours, mais assez régulièrement et c’est du temps de moins pour autre chose. Ces annonces ne devraient pas prendre plus de 2 % du temps total.

La présentation des consignes et directives constitue un temps qui est généralement consommé par l’enseignant pour expliquer aux apprenants ce qu’il leur demande de faire, ce qu’il désire comme résultat et comment ils devraient s’y prendre en plus de répondre aux questions de ceux qui n’ont pas compris. Cette catégorie de consommateurs de temps peut-être très vorace, il faut la contrôler. Vous ne devriez pas accorder plus de 5 % à cette activité.

Les actions des enseignants ont déjà été traitées précédemment. Le temps consacré aux actions de l’enseignant ne devrait pas excéder 15 % du temps total. C’est la partie la plus difficile à gérer, vous voudriez tant leur dire quoi faire et le montrer! Heureusement, c’est à eux de chercher et de poser les questions. Dites-vous que vous devez le moins possible répondre à des questions qui n’ont pas été posées. Il faut être stratégique pour amener les apprenants à poser les questions des réponses que l’on veut leur communiquer. Mais ça, c’est un autre sujet.

Les activités d’apprentissage doivent consommer la majeure partie des minutes d’une formation. N’oubliez pas qu’une formation est faite pour faire apprendre, il est normal que ce soit ce temps qui soit le plus important. Il faut tendre vers le 60 % du temps de la formation à cette partie-là. Quand l’apprenant est actif il apprend, lorsqu’il est passif ou qu’il ne fait qu’écouter pendant que vous parlez, la possibilité qu’il apprenne est très sérieusement réduite.

Les activités d’évaluation sont essentielles à la prise de conscience par l’apprenant des apprentissages qu’il réalise. C’est pourquoi il doit y avoir un temps pour évaluer dans chacune des formations. Il ne faut pas confondre évaluation des apprentissages avec les tests et les examens. Ces derniers sont des instruments d’évaluation qui règle générale sont utilisés lorsque l’on veut accorder des notes. Ici je parle d’évaluation pour que l’apprenant prenne conscience de ce qu’il fera ou de ce qu’il a fait.

Il n’y a pas d’apprentissage sans évaluation. Mais il y a plusieurs façons d’évaluer, mais ça aussi c’est un autre sujet que nous aurons l’occasion de traiter dans d’autres fascicules. Tenons-nous-en au temps. Vous devriez réserver 8 % du temps de la formation à cette activité.

Finalement, il y a les temps de transition. Nous pourrions expliquer ce consommateur de temps, non négligeable, comme l’entre-deux. C’est le moment qui se situe entre les consignes que vous donnez pour faire réaliser une activité et le moment où les apprenants sont prêts à réaliser l’activité. Par exemple, lorsque vous dites à vos élèves de se placer en équipes pour réaliser un travail et le moment où ils travaillent effectivement en équipes, il pourra se passer un délai de 2 à 3 minutes dans les meilleures conditions s’il n’y a pas trop de déplacements. Également, si vous dites à vos élèves de se rendre en atelier et de se procurer un certain nombre d’outils, de matériaux et de réaliser une mise en place du poste de travail, il peut facilement y avoir un délai de 5 à 20 minutes dans certains cas. Dans la mesure où cela se déroule deux à trois fois dans la journée, cela peut représenter peut-être le temps qu’il vous manquera à la fin de la semaine pour atteindre vos objectifs. Ce temps de transition ne devrait pas dépasser 5 % du temps de votre formation.

Le temps peut-être votre allié ou votre pire cauchemar, c’est selon que vous le contrôlez ou que vous ne faites que réagir, à vous le choix. Le temps c’est comme l’argent, quand il est mal géré on en n’a jamais assez. Pensez-y!

Les actions de l’enseignant

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Les actions de l’enseignant sont associées à celles de l’apprenant. Ils peuvent avoir des conséquences positives ou négatives majeures sur les apprenants. Une bonne façon d’avoir une idée du potentiel de rendement de votre séance, en ce qui a trait aux apprentissages, consiste à comparer le temps réservé pour les actions de l’enseignant avec le temps réservé aux actions de l’apprenant. Si le temps où l’apprenant est actif est inférieur à celui où l’enseignant est actif, votre rendement risque d’être faible.

Il est toujours préférable que le temps où l’apprenant est actif soit plus important que le temps où il est passif, c’est-à-dire le temps où l’enseignant lui est en action. Ceci donne une bonne indication que les durées des actions de l’apprenant devraient être plus longues que celles de l’enseignant, si vous désirez favoriser l’apprentissage.

Les actions de l’enseignant ont pour but soit la gestion de la formation, ou soit l’apprentissage d’un savoir. Une liste partielle de ces deux catégories d’actions vous est présentée à la figure suivante.

Les actions de l’apprenants durant la formation

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Les actions de l’apprenant se manifestent à travers une activité ou une tâche. L’action peut être motrice (un geste, un mouvement, une parole ou un écrit) ou mentale (une perception, une compréhension, un raisonnement, une évaluation ou une décision).

L’action s’exprime à partir d’un verbe d’action. Il est important de bien choisir le verbe que l’on utilise pour décrire l’activité d’apprentissage où la tâche que l’apprenant devra réaliser. Selon le verbe utilisé, l’action sera peu difficile à réaliser, moyennement difficile ou difficile. Plus une action demande d’utiliser de savoirs plus elle est complexe. Le niveau de complexité s’exprime de façon différente selon que l’on veuille faire apprendre un savoir, un savoir-faire ou un savoir-être

Vous pouvez consulter les tableaux suivants pour vous aider à exprimer une action à faire réaliser à vos apprenants.

Lorsque vous organisez votre cours vous devez établir ce que l’apprenant réalisera durant votre formation. Vous allez déduire les activités à faire réaliser à partir de la compétence à faire développer, des éléments de la compétence et des savoirs à faire apprendre qui sont inscrits dans votre programme ou que vous estimez important selon votre expérience professionnelle.

Les actions de l’enseignant doivent régir les actions de l’apprenant. Ce sera à suivre dans le prochain article.

Un cours (séance de formation)

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Auriez-vous le goût de suivre le cours que vous préparez pour vos élèves?


1. Enseigner pour faire apprendre

Enseigner ne veut pas nécessairement dire faire apprendre.

Beaucoup de personnes prétendent donner des cours, mais se préoccupent beaucoup plus de ce qu’ils devront dire plutôt que ce que le participant devra apprendre. D’ailleurs, beaucoup d’enseignants et de formateurs n’auraient pas le goût de suivre les cours qu’ils dispensent. On a souvent tendance à croire qu’il est normal qu’un cours soit peu stimulant et motivant.

2. Motiver les apprenants

La grande erreur c’est de penser que c’est parce que l’élève n’est pas motivé qu’il n’apprend pas. Avant d’avancer cela, il faudrait analyser le contexte et la dynamique de la formation que l’on met en place et d’être certain que ce n’est pas le cours qui a comme résultat l’absence d’intérêt de l’apprenant.

Un constat élémentaire à toujours considérer lorsque l’on organise un cours est que si le cours n’intéresse pas et ne stimule pas l’apprenant, il n’apprendra pas. Au mieux, si nous lui disons qu’il y aura un examen, il fera peut-être un effort de mémorisation temporaire jusqu’à l’examen et il oubliera les informations peu de temps après.

Un élève ne fait pas plus d’effort que le besoin qu’il a ou le désir que vous aurez suscité chez lui pour lui donner le goût d’apprendre. Vous me direz que quand vous alliez à l’école … Mais autres temps autres moeurs.

3. Organiser une formation

Pour vous aider à imaginer les éléments de base d’un cours, vous pouvez vous référer à la figure suivante qui vous propose une représentation simple des éléments de base d’un cours. Lorsque l’on désire élaborer une formation, il faut au départ avoir des savoirs à faire apprendre, des capacités ou des habiletés à faire acquérir ou des compétences à faire développées. Ces éléments se nomment objets d’apprentissage.

4. Identifier ce qu’il faut faire apprendre

Ces objets d’apprentissage ou matières à faire apprendre sont sélectionnés, organisés, traités et représentés par l’enseignant pour être accessibles à l’apprenant. C’est la première partie du travail de l’enseignant. La seconde est d’associer ces savoirs à des activités d’enseignement que l’enseignant agencera au mieux selon la situation. La troisième est d’aménager un environnement d’apprentissage à l’intérieur duquel l’apprenant réalisera des tâches selon les situations que l’enseignant aura élaborées. Ces éléments auront pour but de disposer l’apprenant à trouver le sens des apprentissages à réaliser.

5. Intégrer les savoirs à une situation

L’intégration des savoirs dans la situation est déterminée par :

  • les caractéristiques des élèves;
  • le but du programme;
  • le milieu de formation;
  • le moment de la journée;
  • l’état des apprenants;
  • le temps disponible;
  • les ressources disponibles
  • les savoirs
  • etc.

6. Agencer les activités de l’apprenant

La stratégie de l’enseignant est d’amener l’apprenant à réaliser les tâches professionnelles du métier au seuil d’entrée sur le marché du travail. Au coeur de la formation sont les tâches professionnelles que l’apprenant devra réaliser à la suite de l’apprentissage des savoirs nécessaires à la compréhension de ce qu’il fera au moment de réaliser la ou les tâches professionnelles.

En plus des tâches professionnelles, l’enseignant devra élaborer des activités d’apprentissage pour permettre à l’apprenant de s’approprier progressivement les différentes connaissances, façons de faire ou comportements préalables à la tâche à réaliser.

7. Mobiliser l’effort pour comprendre et réussir

L’enseignant déduit les tâches professionnelles à partir de son programme et de son expérience. L’apprenant accède à la tâche à partir des activités d’apprentissage qu’il réalisera et qui lui permettront de comprendre et de réussir les savoirs nécessaires au développement de sa compétence.

Ce processus se déroule à l’intérieur d’un environnement que l’enseignant aura pris soin de mettre en place en cohérence avec la situation de travail réelle et les apprentissages à faire réaliser.

8. Gérer le temps

Tous ces éléments sont régis par le temps. Il y a un temps déterminé pour faire développer une compétence de votre programme. Ce temps se distribue tout au long des cours que vous dispensez. Vous devez donc prévoir le temps de chaque cours, de chaque activité et de tout ce qui peut consommer du temps dans un cours. Si vous ne savez pas le temps que prendra une activité, vous ne saurez jamais comment il vous faudra de temps pour faire apprendre les savoirs et développer la compétence d’un apprenant. Vous pouvez peut-être contrôler ce que vous faites, mais vous devrez gérer le cheminement des apprentissages de vos apprenants.

9. Scénariser les actions

Le scénario d’enseignement/apprentissage est plus qu’un plan de cours. Le plan de cours considère généralement l’organisation de votre enseignement. Le scénario d’enseignement/apprentissage considère les deux éléments clés d’un processus d’enseignement/apprentissage, c’est-à-dire les actions de l’enseignant et les actions de l’apprenant.

10. À suivre…

Nous verrons prochainement comment devraient se répartir l’un et l’autre et quels sont les autres éléments d’un cours qui viennent consommer du temps, les chronophages.


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