La matrice de qualification des concepts a pour fonction de vous aider à établir le niveau de difficulté des informations (concepts) à faire apprendre. Plus le concept est difficile, plus vous aurez besoin de ressources pour le représenter et le faire manipuler pour en faciliter l’apprentissage.

Les deux difficultés associées à l’apprentissage de concepts sont la quantité et la complexité. L’être humain a une capacité maximale pour percevoir et traiter des informations, surtout lorsque c’est la première fois qu’il en entend parler. La mémoire de travail ne peut traiter plus de cinq à sept informations en même temps. Il faut alors que ces informations soient stockées en mémoire à long terme pour être évoquées plus tard. Il est donc important, dans le cas d’informations complexes, que l’encodage dans la mémoire puisse en faciliter le stockage et l’évocation.

Vous pouvez utiliser la matrice de qualification des concepts à la suite de la carte conceptuelle. La matrice est divisée en quatre catégories pour qualifier le niveau de difficulté d’apprentissage des concepts. Les concepts peuvent être concrets, c’est-à-dire perceptibles par les sens, ou abstraits, c’est-à-dire non perceptibles par les sens. De plus, chacun de ces concepts peut être, pour celui qui participe à la formation, univoque, tout le monde en a la même représentation, ou équivoque, et dans ce cas, la représentation doit être établie pour une compréhension commune.

Il s’agit pour vous de placer chacun des concepts de votre carte conceptuelle dans l’une ou l’autre des cases de la matrice. Les concepts univoques et concrets sont les plus faciles à faire apprendre, car vous pouvez les faire percevoir et tout le monde en a une interprétation commune. Par exemple, le concept de crayon peut être équivoque, mais lorsque vous montrez le crayon et que les gens peuvent le percevoir il devient alors univoque. Le concept d’esprit d’équipe est abstrait, il est plus difficile à faire percevoir de façon univoque. Le formateur a alors la tâche de rendre concrets les concepts abstraits.

Plus il y a de concepts abstraits et équivoques, plus le formateur devra travailler à élaborer des stratégies et des ressources didactiques pour en faciliter l’apprentissage. La matrice de qualification des concepts vous permet d’établir le niveau de difficulté des apprentissages et par conséquent les moyens que vous prendrez pour surmonter ces difficultés. Par exemple, il est plus que probable que vous devrez concevoir des aides à penser (p.163), des aides à la tâche (p.173) ou une aide à se comporter (p. 52) pour illustrer de manière symbolique les concepts abstraits afin que les participants à la formation puissent se faire une représentation des informations qui seront présentées.

1. Concept 

Un concept est un support aux opérations mentales. Il exprime la représentation que l’on a d’une idée, d’un mot, d’une pensée ou d’un phénomène dans un contexte donné (par exemple : apprendre, table, apprenant, livre, atelier, etc., dans une classe).

2. Concept univoque 

Un concept univoque est un mot utilisé dans un contexte spécifique et qui garde le même sens dans des contextes différents. Ce mot ne peut être interprété généralement que d’une seule façon (par exemple : un prix, une taxe, la mort, la vitesse, le temps, l’heure, la santé, la loi, un règlement, etc.).

3. Concept abstrait 

Un concept abstrait est un mot utilisé dans un contexte spécifique pour représenter une idée particulière ou une façon de raisonner qui ne fait pas référence à des objets du monde réel (par exemple : la compétence, le savoir, le compétent, la réussite, comprendre, raisonner, apprendre, etc.).

4. Concept imperceptible 

Un concept imperceptible est un concept concret que les sens ne peuvent percevoir sans assistance (par exemple : le système circulatoire d’une personne vivante, une cellule, une galaxie, la terre, la réfrigération, etc.).

5. Concept concret 

Un concept concret est un mot utilisé dans un contexte spécifique pour représenter un objet particulier, une action ou un phénomène réel (par exemple : clouer, parler, automobile, table, apprenant, etc.).

6. Concept équivoque 

Un concept équivoque est un mot utilisé dans un contexte spécifique, mais qui n’est pas clair et qui peut être interprété de différentes façons (par exemple : correcte, sécurité, respect, autonomie, jugement, etc.).

7. Concept perceptible 

Un concept perceptible est un concept concret que les sens peuvent percevoir (par exemple : un arbre, une table, un marteau, une tête, un visage, etc.).

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