La première étape de l’approche par compétences demande de faire explorer la compétence à l’apprenant. Une foi que cela est dit, comment faire pour réaliser cette étape primordiale? Si cette étape est bien faite, l’apprenant devrait être motivé par les apprentissages à réaliser. Il est important ici de bien comprendre l’effet sur la motivation. Il ne s’agit pas seulement de faire découvrir à l’apprenant ce qu’il ne connaît pas et qu’il devra connaître, mais également l’effort qu’il devra fournir et ainsi constater que le gain à la fin sera supérieur à l’effort à fournir. Le sens et la pertinence des objets à apprendre constituent la découverte essentielle que doit faire l’apprenant.

Explorer c’est découvrir les différents aspects, que nous ne connaissions pas, d’un élément. C’est, somme toute, la découverte de notre ignorance, justifiant ainsi la présence à une formation. À la fin de cette étape, l’apprenant doit être en mesure d’identifier ce qu’il sait et ce qu’il ne sait pas et par conséquent alimenter sa motivation pour apprendre ce qu’il ne sait pas par la découverte du sens et de la pertinence du savoir à acquérir.

L’activité d’exploration en est une d‘investigation sur la compétence à développer. La finalité de cette activité est la prise de conscience de la compétence et ce qu’il me manque pour l’atteindre. Souvent les enseignants hésitent avant de traiter, dès le début d’un cours,  de la compétence. Sans nécessairement en arriver à faire travailler les apprenants sur la manifestation de la compétence, ils peuvent tout de même investiguer sur ce qu’elle est à partir de leurs connaissances actuelles.

L’activité d’exploration doit premièrement attirer l’apprenant par son aspect ludique. Il faut que l’activité soit attrayante et donne l’impression d’être réalisable facilement sans trop d’effort. C’est au moment de la réalisation que l’aspect didactique entre en jeu et fait en sorte, au fur et à mesure de l’investigation, de faire découvrir la vraie nature de l’activité et découvrir l’étendue de son ignorance ou de ses connaissances, par rapport au sujet à traiter.

Une activité d’exploration ne doit pas durée trop longtemps, de quinze à vingt minutes maximum pour le travail en petits groupes. Par la suite, la mise en commun servira de moment de débat sur les perceptions et les positions de chacun.

À titre d’exemple, pour faire découvrir à un groupe de chauffeur de taxi qu’il existait un processus de travail commun je leur ai fourni une série de quinze photos qu’ils devaient mettre en ordre selon un déplacement conventionnel pour un transport par taxi. Les participants ont présenté la construction du processus qu’ils avaient fait. Ils ont découvert que chacun, à quelques détails prêts, en était arrivé au même résultat. Par la suite nous avons pu nommer ces étapes et ainsi être en mesure de nous entendre sur une façon commune de réaliser un transport par taxi. Par la suite, nous avons pu mettre en question certaines pratiques envers des clients sur la base de cette construction commune. Dès le départ les chauffeurs ont eu le goût de travailler avec les photos. Le travail était simple, court, attrayant et amusant. Même si au départ ils étaient convaincus d’avoir des pratiques bien différentes ils ont été obligés de convenir que ce processus était commun.

En résumé voici les conditions pour réaliser une activité d’exploration :

  • Elle porte sur la compétence à développer.
  • Elle doit permettre de découvrir le sens et la pertinence des savoirs à apprendre.
  • Elle doit être le déclencheur de l’intérêt et de la motivation.
  • Elle doit être une situation d’investigation.
  • Elle doit être amusante pour permettre à l’apprenant, spontanément, de vouloir la réaliser.
  • Elle doit devenir l’élément d’évocation de l’ensemble des apprentissages de la compétence.
  • Elle ne doit pas durer plus de quinze à vingt minutes.
  • Elle doit permettre la confrontation d’idées.
  • Elle doit se dérouler en petits groupes.
  • Elle nécessite la construction de moyens didactiques esthétiques.
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