Concevoir un environnement didactique

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La formation professionnelle, qu’elle soit continue ou initiale, doit toujours se référer à l’expertise de professionnels, aux situations de travail et aux pratiques que les travailleurs d’expérience mettent en œuvre pour réaliser leurs tâches. L’expérience et l’expertise professionnelle de ces travailleurs constituent la base de l’ingénierie didactique d’une formation prometteuse et garante des changements attendus. Curieusement, suite à des échanges avec des spécialistes des métiers, elles sont à la fois des sources de référence et de confrontation permettant l’émergence d’une compréhension commune et univoque des pratiques professionnelles ainsi que des concepts et des savoirs qui leur sont reliés. Les différentes professions constituent des cultures professionnelles propres à chacune d’elles. L’accès à ces cultures passe nécessairement par la maîtrise du langage et des représentations des experts et des travailleurs d’expérience de cette profession. Ce n’est que par la suite qu’il est possible d’élaborer des situations, des environnements et des instruments favorisant l’apprentissage, c’est-à-dire didactique. Mes recherches m’ont également permis de constater que l’apprentissage et la maîtrise de ces savoirs par les apprenants requièrent toutefois la conception et la mise au point d’environnements et d’instruments didactiques et pédagogiques garantissant le développement attendu de la compétence professionnelle. C’est ainsi qu’il est possible de développer une trousse d’instruments didactiques génériques dont les composantes seront proposées dans des communications subséquentes.

L’environnement didactique doit permettre de disposer l’apprenant et l’amener à adhérer à la formation. Ce n’est que par la suite qu’il investira les efforts nécessaires aux apprentissages. Pour ce faire, il faudra lui proposer des situations d’apprentissage et des tâches à réaliser qui pourront le stimuler et le motiver. C’est le défi de la didactique professionnelle.

À suivre …

Appliquer et transférer

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Ces deux verbes font partie de deux étapes importantes du développement de la compétence d’un apprenant. En formation professionnelle l’apprenant vient apprendre comment travailler. Pendant longtemps on a cru que l’entraînement était suffisant pour apprendre à réaliser les tâches d’un métier ou d’une profession.

Avant l’étape de l’application, il y a celle de l’apprentissage. Il doit y avoir eu apprentissage avant l’application. L’apprentissage devrait permettre la conceptualisation des informations nécessaires à la pratique visée. Par la suite, la contextualisation amène l’apprenant à faire les liens entre ses représentations et une situation réelle de travail qui demande l’utilisation spécifique des informations apprises.

La conceptualisation permet à l’apprenant de comprendre l’action qui lui est demandée, ce que l’on attend de lui, les contraintes qu’il aura à considérer et les circonstances qu’il devra gérer pour pouvoir réaliser la tâche selon les attentes exprimées.

Le lien entre la conceptualisation et la contextualisation est à la base du problème souvent rencontré par les apprenants par le phénomène où il n’applique pas ce que nous pensons leur avoir appris. Quand nous donnons de la théorie, c’est elle qui est à l’origine du travail qu’ils doivent effectuer. Le lien est simple.

Il est plus difficile de percevoir, reconnaître, traiter, évoquer et activer toutes ces connaissances à partir d’un stimulus différent, c’est-à-dire la réalité.

C’est la raison pour laquelle nous faisons réaliser des activités de manière rapprochée de la théorie nous permettant ici de prétendre qu’ils feront les liens plus facilement. Nous faisons alors erreur, car ce n’est pas les informations, ni l’action qui est à l’origine de l’activité professionnelle, mais la situation de travail avec ses circonstances et ses événements.

Nous pouvons prétendre que l’apprenant a fait du transfert lorsqu’il est en mesure, à partir d’une situation de travail ou d’un événement, d’y relier la ou les tâches à effectuer et d’appliquer pour ces tâches les pratiques (façons de faire) adaptées aux circonstances et aux événements.

C’est à ce moment que nous pouvons dire que l’apprenant manifeste une bonne démarche de résolution de problèmes, dans le cas de professions axées sur la réalisation d’un produit, ou un bon jugement critique, dans le cas de professions axées sur le service à des personnes.

Qu’est-ce que vous en pensez?

La didactique professionnelle

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L’apprentissage d’un métier ou d’une profession et le développement d’une compétence professionnelle sont les deux éléments sur lesquels se base la conception et la réalisation des instruments et des environnements didactiques en formation.

Pour qu’un environnement didactique puisse pleinement jouer son rôle, il faut qu’il puisse disposer et motiver la personne qui apprend tout en la confrontant à la réalité d’une situation de travail.

Une formation professionnelle innovante doit nécessairement considérer une approche tenant compte de tous les éléments d’une situation de travail, c’est-à-dire, la tâche à réaliser, les circonstances naturelles où cette tâche se réalise, les événements éventuels qui peuvent se produire, la personne en apprentissage du métier et ses relations avec les autres qui travaillent dans cet environnement de travail.

Pour que cela puisse se produire, il faut que l’enseignant ou le formateur puisse, comme un professionnel dans une entreprise, prédire et réguler les apprentissages. Les outils de l’enseignant et du formateur consistent dans son instrumentation didactique, pédagogique et technique. Comme dans une entreprise, pour produire un bien ou un service il faut avoir des instruments qui facilitent la compréhension du but du travail, une planification qui détermine pourquoi et comment le travail va se réaliser et des outils de travail.

La didactique professionnelle est un champ de recherche qui est en émergence. Ce blogue a pour objectif de provoquer des échanges entre des enseignants, des formateurs, des apprenants, des chercheurs, des conseillers pédagogiques, des responsables de la formation en entreprise, des directions de centre de formation et des décideurs en entreprises. Ces discussions devraient nous aider à faire évoluer nos perceptions et nos représentations de l’apprentissage d’un métier ou d’une profession.

Je vous invite à participer et à poser des questions.

Henri Boudreault Ph.D
UQAM

Planifier l’enseignement

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Planifier son enseignement c’est faire un plan. Comme le constructeur de maisons, il ne serait pas responsable de ne pas disposer d’un plan. Ce plan est élaboré avant la réalisation d’une séance de formation et suppose une suite ordonnée d’opérations et de moyens dont le but est de faire apprendre.

En formation professionnelle j’ai nommé ce plan « Scénario d’apprentissage ». Il s’agit, pour l’enseignant ou le formateur, de gérer ses actions, ceux de l’apprenant, les ressources et les savoirs à apprendre dans un espace et un temps déterminés.

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